Comparatif
Seancier ou le tableur de suivi du classement, que choisir
Presque toutes les salles classées ont un tableur de suivi. Il est né un janvier, dans l’urgence du dossier annuel, et il a survécu parce qu’il fonctionne. La question n’est donc pas de savoir s’il calcule juste, il calcule souvent très juste. La question est de savoir à quelle date il calcule, et s’il vous prévient à temps de ce qui va se passer en mai.
Le comparatif poste par poste
| Critère | Seancier | le tableur de suivi du classement |
|---|---|---|
| Fraîcheur de l’indice | Recalculé à chaque import de bordereau, au plus tard le mercredi | À jour le jour où quelqu’un a trouvé le temps de ressaisir la semaine |
| Appariement des titres | Titre, date de sortie, période d’exploitation puis visa, décisions mémorisées | Recollage de mémoire ligne à ligne, refait à chaque saison |
| Niveau de comparaison | Catégorie, zone d’implantation et nombre d’écrans pris en compte | Un chiffre saisi en dur, rarement revérifié après la première année |
| Suivi des trois labels | Un compteur de séances, une part d’entrées et un écart par label | Un onglet par label, si quelqu’un a pensé à le créer et à le tenir |
| Séances scolaires et dispositifs | Comptées à part, indice affichable avec puis sans ces séances | Mélangées ou oubliées selon la personne qui remplit le tableau |
| Simulation d’une grille à venir | Six à douze semaines saisies, effet immédiat sur l’indice et les labels | Aucune, sauf à dupliquer l’onglet et à tout ressaisir à la main |
| Alerte de décrochage | Alerte au directeur et au programmateur, avec le nombre de séances à rattraper | Aucune, un fichier ne prévient personne |
| Historique | Trois saisons glissantes, exportables en tableur | Des fichiers datés, dispersés entre plusieurs postes et deux clés USB |
| Dossier annuel de classement | Généré à partir des imports, en document modifiable et en tableur | Remis en forme à la main chaque janvier, pendant la grille de vacances |
| Coût visible | 490 euros hors taxes par an pour un à deux écrans | Zéro en licence, plusieurs journées de bureau par saison |
Le tableur calcule juste, mais il calcule tard
Le reproche fait au tableur n’est presque jamais un reproche de justesse. Une personne méthodique, qui connaît sa salle et ses habitudes de programmation, produit un calcul de part de séances parfaitement correct. Le problème est ailleurs : ce calcul existe le jour où elle s’assied pour le faire. Dans la plupart des salles, ce jour tombe une fois par an, en janvier, parce que le dossier annuel l’exige. Le reste de la saison, le fichier dort.
Résultat, le tableur documente une saison au lieu de la piloter. Il vous dit en janvier que vous étiez à cinquante-huit points de part de séances, ce qui est exact, et parfaitement inutile puisque plus aucune séance ne peut être déplacée. Un suivi qui ne se met pas à jour au rythme de la semaine cinématographique n’est pas un outil de décision, c’est une archive bien tenue.
L’appariement recommencé chaque année
Le coût caché du tableur est l’appariement. Chaque saison, il faut reprendre des libellés de caisse tronqués et les recoller à la liste de recommandation, sans autre garde-fou que la mémoire de celui qui le fait. Les reprises patrimoniales, les versions restaurées et les titres homonymes se traitent au jugé, et cet arbitrage n’est enregistré nulle part. La saison suivante, le même film pose la même question, à une personne qui a peut-être changé de poste.
C’est cette absence de mémoire qui rend le travail à la fois long et fragile. Une correspondance validée devrait valoir pour toujours, y compris pour les imports rétroactifs des saisons précédentes. Dans un tableur, elle ne vaut que pour la cellule dans laquelle elle a été saisie, et une erreur de rattachement sur un film qui a tourné trois semaines déplace la part de séances de plusieurs points sans laisser de trace.
Ce qu’aucune formule ne fait à votre place
Deux fonctions manquent structurellement à un tableur, et aucune formule ne les remplace. La première est l’alerte : un fichier ne se déclenche pas tout seul et ne prévient ni le directeur ni le programmateur quand la tendance passe sous le niveau attendu. La seconde est la comparaison au bon niveau, celui de votre catégorie, de votre zone et de votre nombre d’écrans, qui demande de tenir à jour un paramètre que personne ne pense à revérifier.
La troisième absence est la plus coûteuse : la simulation. Le mardi soir, quand la grille se discute avec un distributeur, aucun tableur ne répond à la question posée, à savoir ce que cette grille précise fera à l’indice de fin de saison et à chacun des labels. Dupliquer l’onglet et ressaisir douze semaines prend une heure que personne n’a à ce moment-là, et la décision se prend donc au jugé.
Quand l’alternative reste le bon choix
Le tableur reste le bon choix dans un cas précis, et il est fréquent. Une salle mono écran, quatre cents à cinq cents séances dans la saison, une part de séances installée très au-dessus du niveau attendu depuis plusieurs années, aucun label supplémentaire visé, et une personne qui tient son fichier avec plaisir et rigueur. Là, payer une licence pour apprendre chaque semaine que tout va bien n’a pas de sens. Gardez le tableur, tenez-le au mercredi, et posez-vous à nouveau la question le jour où vous viserez un label.
Le verdict
Si votre écart au seuil est confortable et stable, gardez votre tableur, il fait le travail. Si vous êtes à quelques points, si vous visez un label, ou si la question revient chaque mardi soir au téléphone avec un distributeur, ce n’est plus un problème de calcul mais de calendrier. Un indice qui se met à jour au dépôt du bordereau vous fait gagner les dix semaines pendant lesquelles la correction est encore possible.
Questions frequentes
- Peut-on récupérer un tableur existant au moment de l’ouverture du compte ?
- Oui, et c’est souvent le point de départ. Les trois dernières saisons sont reprises à l’ouverture, à partir des exports de billetterie et des bordereaux de recettes, ce qui permet de comparer les valeurs recalculées à celles de votre fichier. Les écarts éventuels sont montrés ligne à ligne, ils viennent presque toujours d’un appariement de titre ou du traitement des séances scolaires.
- Le tableur ne coûte rien, comment justifier une licence ?
- Le tableur ne coûte rien en licence, il coûte des journées de bureau, et surtout il coûte le délai. Le calculateur du coût du dossier annuel, en accès libre sur ce site, chiffre les deux : les heures passées à pointer et à mettre en forme, et l’écart avec le prix d’une licence annuelle. Chacun juge ensuite avec ses propres chiffres.
- Faut-il abandonner complètement le tableur ?
- Non. L’historique glissant s’exporte en tableur, précisément pour rester lisible par la comptabilité, par le conseil d’administration ou par une régie municipale. Beaucoup de directions gardent un fichier pour leurs propres commentaires de saison. Ce qui disparaît, c’est la ressaisie et le recollage manuel des titres, pas le format tableur.
Seancier ou le tableur de suivi du classement, que choisir
Si votre écart au seuil est confortable et stable, gardez votre tableur, il fait le travail. Si vous êtes à quelques points, si vous visez un label, ou si la question revient chaque mardi soir au téléphone avec un distributeur, ce n’est plus un problème de calcul mais de calendrier. Un indice qui se met à jour au dépôt du bordereau vous fait gagner les dix semaines pendant lesquelles la correction est encore possible.