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Qui écrit, qui édite
Jimenez Julien, auteur et fondateur de Seancier
Seancier n’est pas né devant un tableur de croissance, mais dans le bureau d’une salle de deux écrans, un mardi de janvier, devant une pile de bordereaux hebdomadaires et un dossier de classement à rendre le vendredi.
Un dossier annuel, quatre jours de bureau et un doute
J’ai commencé à travailler sur ce sujet en accompagnant une association gestionnaire d’un cinéma de deux écrans dans une ville moyenne. La demande de départ n’avait rien de spectaculaire : la directrice voulait cesser de perdre quatre jours pleins, chaque mois de janvier, à reconstituer à la main la part de séances consacrées aux films recommandés et la part d’entrées correspondante, à partir de bordereaux imprimés et d’un export de billetterie que personne n’avait jamais ouvert autrement que pour vérifier une caisse.
Le travail réel était moins dans le calcul que dans l’appariement. Le logiciel de caisse tronquait les titres à trente caractères, une reprise en version restaurée portait le même intitulé que la sortie initiale, et une séance scolaire du dispositif départemental apparaissait sous un tarif dédié sans que rien n’indique le film. Recoller tout cela aux listes de recommandation supposait de connaître la saison par cœur. La directrice la connaissait. Elle passait quand même quatre jours à la reconstituer, et gardait un doute jusqu’au dépôt.
La vraie découverte est venue plus tard, en discutant avec son programmateur. Il m’a expliqué qu’il arrêtait la grille de la semaine le mardi, au téléphone, avec plusieurs distributeurs, et qu’à ce moment précis il n’avait aucune idée de l’effet de ses arbitrages sur le classement. Il décidait bien, par métier et par habitude, mais il décidait à l’aveugle sur un point qui pesait ensuite sur la subvention de l’année suivante. C’est cette conversation qui a fixé le produit.
Ce que j’ai vu dans les salles
Pendant plusieurs mois, j’ai passé du temps dans des établissements de un à cinq écrans, en régie municipale, en association et en société familiale. J’ai regardé comment les bordereaux circulaient entre la caisse, la cabine et le bureau, comment les séances des dispositifs d’éducation à l’image étaient comptées, comment une salle expliquait à son conseil municipal l’intérêt d’un label qu’elle risquait de perdre.
Trois constats reviennent partout. Le premier : l’information existe déjà, complète, dans les exports de billetterie. Personne ne la lit sous l’angle du classement. Le deuxième : le calendrier est piégeux, on découvre un décrochage au moment où il n’est plus corrigeable, alors qu’un relevé mensuel l’aurait signalé six mois plus tôt. Le troisième : les seuils ne sont pas les mêmes pour tous, et un directeur qui se compare au confrère voisin se compare souvent à la mauvaise référence, parce que la zone d’implantation et le nombre d’écrans changent le niveau attendu.
J’ai également compris que je ne devais surtout pas construire un outil qui donne des avis sur la programmation. Une salle Art et Essai défend une ligne éditoriale, parfois contre son propre intérêt de court terme, et le dernier service à lui rendre serait de lui suggérer des films. Seancier calcule, compare et alerte. Il ne conseille jamais quoi projeter, il dit ce que projeter tel ou tel film produit comme effet arithmétique.
Pourquoi un logiciel plutôt qu’un tableur
Un tableur bien construit sait faire une partie du travail. Il ne sait pas suivre les mises à jour des listes de recommandation, il ne sait pas mémoriser les arbitrages d’appariement d’une saison sur l’autre, il ne survit pas au départ de la personne qui l’a écrit, et il ne permet pas à un groupement de programmation de voir vingt-huit salles sur une même page. Surtout, il ne répond pas en trois minutes à la question posée le mardi matin au téléphone.
Le choix a donc été de faire un outil étroit et profond : une seule question, le classement Art et Essai et ses labels, mais traitée jusqu’au bout, de l’import brut au dossier annuel, en passant par la simulation prospective qui est le cœur du produit. Tout le reste, la billetterie, la comptabilité, la caisse, reste chez les logiciels qui le font déjà bien.
Ma méthode de travail
- Partir des documents réels. Aucune fonction n’est écrite avant d’avoir vu au moins trois exports de billetterie différents et deux bordereaux hebdomadaires remplis dans deux salles distinctes.
- Chiffrer avant d’argumenter. Une affirmation sans nombre de séances, sans part d’entrées ou sans écart au seuil ne mérite pas d’être affichée dans un tableau de bord.
- Respecter le métier. Le vocabulaire du produit est celui de l’exploitation : séance, copie, grille, recommandation, engagement. Aucune traduction en jargon de gestion.
- Ne jamais décider à la place du directeur. L’outil montre l’écart et propose des rattrapages possibles, l’arbitrage reste dans le bureau de la salle.
- Rendre les données. Un établissement qui arrête son abonnement récupère l’intégralité de son historique en tableur, sans démarche particulière.
Mes convictions sur ce marché
Le parc français compte environ deux mille établissements actifs et plus de six mille écrans, dont près de mille deux cents classés Art et Essai. C’est un marché petit, dense et interconnecté, structuré par une trentaine de groupements de programmation et d’associations territoriales. On n’y vend rien par la publicité : on y entre par une démonstration faite sur les chiffres réels d’une salle que tout le monde connaît, devant les autres.
Je crois aussi que le prix doit rester compatible avec un budget de salle municipale. Une licence à 490 euros hors taxes par an pour un ou deux écrans se compare à moins d’une journée de travail administratif, et se règle sur bon de commande ou par Chorus Pro sans avoir à inventer une ligne budgétaire nouvelle. Un groupement qui abonne trente salles descend à 39 euros par an et par salle, ce qui rend l’outil accessible aux plus petits adhérents du réseau.
Enfin, je crois à l’outil gratuit qui rend service sans contrepartie. Un directeur qui dépose un export de billetterie et obtient immédiatement sa part de séances et sa part d’entrées a déjà gagné quelque chose, même s’il ne devient jamais client. Le suivi continu, la simulation de grille et l’alerte de décrochage sont ce qui justifie l’abonnement, pas le calcul de base.
L’éditeur
Seancier est édité par MLJ, SASU au capital de 500,00 euros, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Paris sous le numéro 934 769 837, inscrite au greffe de Paris le 30 octobre 2024, numéro de TVA intracommunautaire FR44934769837. Je suis le directeur de la publication et l’auteur de l’ensemble des contenus de ce site.
MLJ conçoit et exploite des logiciels professionnels destinés à des métiers réglementés ou soumis à des dispositifs publics, avec une règle constante : un outil par sujet, écrit avec les praticiens concernés, sans mesure d’audience ni revente de données. Toutes les informations légales figurent sur la page mentions légales, et le traitement des données du formulaire est détaillé dans la politique de confidentialité.
Me joindre
La voie la plus directe est l’adresse jimenezjulien42@gmail.com, ou le formulaire de la page d’accueil, qui reçoit une réponse écrite sous deux jours ouvrés. Si vous représentez un groupement de programmation ou une association territoriale, indiquez le nombre de salles adhérentes : la démonstration se prépare différemment.
Ce que je publie dans Grille et Bordereau
Le magazine du site, Grille et Bordereau, rassemble neuf articles parus le 3 septembre 2026. Ils partent tous d’un document réel, bordereau hebdomadaire de recettes, export de billetterie ou dossier de classement, et expliquent la règle applicable, le chiffre qu’elle produit et le geste à poser dans la saison.
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